La procureure qui retient René à Miami est veuve d'un ancien officier du renseignement militaire qui choisit le nom de code de l'opération Peter Pan de la CIA
MME Caroline Heck-Miller, la procureure qui refuse à René Gonzalez le droit de retourner à Cuba et qui s'est abstenue de poursuivre Luis Posada Carriles pour terrorisme, est la veuve d'un ancien officier des services de renseignements militaires US durant la guerre de Corée, un anticommuniste forcené que le Miami Herald recruta par la suite, et qui donna le nom de code « Peter Pan » à l'opération de la CIA, au cours de laquelle entre 1960 et 1962 plus de 14 000 enfants cubains furent victimes d'un exil forcé.
Le lien marital entre Caroline et Miller semble expliquer en partie le comportement obsessif de Mme la Procureure envers René et ses camarades qui ont déjà passé plus dix ans de leurs vies dans le système pénitencier des États-Unis, dont la réputation n'est plus à faire.
Eugene « Gene » Miller est né le 16 septembre 1920 à Evansville, dans l'Indiana, et fit des études de journalisme à l'Université de cet État.
À peine eut-il l'occasion de s'installer dans la salle de rédaction de la Gazette de Fort Wayne, en 1950, qu'il changea son fusil d'épaule et s'enrôla dans l'armée, où il fut affecté – ses qualités de rédacteur aidant – aux Counter Intelligence Corps, les Corps de contre intelligence (CIC). De sinistre notoriété, cette gestapo militaire avait pour mission la chasse et l'élimination de « communistes », aussi bien en territoire coréen que dans les rangs de l'US Army.
Eugene Miller entra dans les CIC au moment ou cette unité connaissait une expansion fulgurante, non seulement en raison de la guerre mais du fait de l'anticommunisme virulent régnant au sein de ladite « communauté du renseignement ».
Des années plus tard, en 1988, un rapport officiel allait révéler que les CIC recrutèrent massivement des criminels de guerre et des collaborateurs nazis dans les années de post-guerre.
Le chercheur et professeur Christopher Pyle déclara devant le Congrès fédéral qu'à l'époque où il était dans l'armée il apprit que les CIC disposaient de 1 500 agents secrets aux États-Unis chargés d'observer et de rapporter à leurs chefs une information détaillée de « chaque manifestation de plus d'une vingtaine de personnes dans tout le pays ».
Trois ans à peine après avoir quitté l'armée, Miller fut engagé par le Miami Herald qui, bien entendu, était au courant de son parcours au sein de la police militaire.
Miller bénéficiait d'une telle confiance au sein de la rédaction de ce quotidien – réputé pour ses liens avec les capos de la mafia cubano-américaine –, qu'il était l'une des rares personnes à avoir accès au bureau du propriétaire, Jack Knight, sans avoir même à frapper. À noter que Jack Knight avait été agent de liaison des services de renseignements militaires et de censure pendant la Seconde guerre mondiale.
UN DINOSAURE CONSERVATEUR
Cet homme aux idées ultraconservatrices se qualifiait lui-même de « dinosaure ». Pendant toute sa carrière, il se vit confier plusieurs missions « sensibles », depuis la couverture de l'assassinat de John F. Kennedy à Dallas – dans lequel la complicité de Cubano-américains de Miami fut établie –, des événements tragiques de l'Université de Kent (Ohio), l'enlèvement de l'héritière Patty Hearst…
C'est ainsi qu'il tomba sur le dossier de l'opération à travers laquelle la CIA sépara de leur famille, pour des mois, des années, pour toujours dans la plupart des cas, 14 000 enfants cubains à la suite d'une féroce campagne de désinformation, d'intoxication et de terrorisme médiatique qui fit croire aux parents qu'ils seraient privés de l’autorité paternelle et que leurs enfants seraient envoyés en Union soviétique pour être transformés en savon et en conserves.
Au début des années 60, la CIA s'était assurée un contrôle absolu sur Miami avec la création dans cette ville de la station JM/Wave, la plus importante de l'Agence à cette époque, qui bénéficiait d'un budget illimité dans le seul but d'attaquer et de détruire la Révolution cubaine par tous les moyens.
La CIA baptisa son infâme opération
« Programme pour les enfants cubains non accompagnés », mais ce fut Miller qui – non sans cynisme – dans un article paru en 1962, lui donna le nom de « Peter Pan », l'enfant orphelin qui volait, héros du roman de l'Écossais James Barrie.
LE RÔLE CLÉ DE LA VEUVE DE L'AGENT SECRET
En 1998, la même année où le FBI a arrêté les cinq Cubains à la demande des capos de la mafia cubano-américaine, Eugene Miller célébra ses noces avec la procureure fédérale Caroline Heck, diplômée de Harvard et mère d'un enfant.
Gene Miller prit sa retraite du Miami Herald en 2001 et vivait avec Caroline Heck à leur domicile de South Miami, jusqu'à son décès, le vendredi 17 juin 2005, à l'âge de 76 ans.
Caroline Heck-Miller, épouse d'un ancien officier du renseignement militaire qui passa une bonne partie de sa vie à la mise en fiche, à la traque et l'arrestation de « communistes », vrais ou imaginaires, est la procureure anticommuniste qui insista pour que l'affaire des Cinq soit portée devant les tribunaux, et qui refusa de faire en sorte que le procès puisse avoir lieu hors de la ville de Miami. Mme Heck-Miller joua un rôle clé pour que les cinq Cubains soient condamnés à de lourdes peines. Comme si cela ne suffisait pas, en août 2005, dans son zèle d'agent, cette femme qui se sert de sa profession pour satisfaire aux orientations du renseignement, avait décidé – en faisant fi des demandes de ses collègues du Département de justice – de s'abstenir de présenter des charges contre Posada Carriles, qui a avoué et continue d'avouer sans aucun remord ses crimes terroristes.
Le manque d'éthique de Mme Heck-Miller, son manque d'impartialité malgré la rigueur qu'exige sa profession, ainsi que son obsession pour qu'un châtiment injuste et inhumain soit infligé aux Cinq Cubains détenus aux États-Unis, sont typiques d'une activiste anticubaine et répondent aux intérêts du renseignement.
C'est cette même fonctionnaire qui s'obstine à faire séquestrer, dans le plus grand sanctuaire terroriste du continent, René Gonzalez, dont la famille réclame le retour dans son pays une fois qu'il aura purgé sa condamnation injuste, le 7 octobre.
source: Granma Internacional
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