La visite papale inspire à un tour de critiques anti-cubaines

Cuba est à la une de la presse mondiale à l’occasion de la visite papale du 26, 27 et 28 mars. Pour ceux qui veulent salir Cuba, c’est apparemment le moment pour diffuser des histoires incontrôlées bien vendantes sur l’île visitée par le pape.

Dans het Nieuwsblad et le Belang Van Limburg du 20 mars, nous lisons que Fidel Castro était au courant du projet de l’assassinat du Président Kennedy, une info que le journal base sur l’autorité de l’agent CIA pensionné Brian Latell…

Le message sur le plan de l’assassinat de Kennedy est spectaculaire, certes, et sans aucun doute intéressant pour les chiffres de vente, mais en même temps absolument absurde. Pour le gouvernement cubain, Kennedy était le président le plus avantageux pour eux. Cuba n’avait donc aucun intérêt à ce qu’il meurt, au contraire. Mais ce n’est pas tout : en 1984, les services de sécurité cubaines étaient au courant d’un plan d’assassinat contre Reagan, qui leur était beaucoup plus hostile. Ils ont transmis cette info aux autorités d’Amérique du Nord et l’attentat a pu être empêché.

Puis, nous sommes informés en long et en large sur des occupations d’églises qui ont eu lieu en amont de la visite papale. Une multitude de groupuscules dits dissidents y participe, alors que d’autres s’y opposent. Même les ‘Damas de Blanco’, des ‘membres de la famille de prisonniers de conscience’ ont refait surface. Pourtant, en dépit de leurs actes, les membres de la famille de ces dames sont depuis quelque temps à nouveau en liberté, notamment grâce à la médiation de l’Eglise. Pour la facilité, on oublie d’ajouter que les ‘Damas de Blanco’ ont des liens ouverts avec le membre du congrès républicain de droite Ileana Ros Lehtinen et qu’elles sont financées par l’organisation ‘Rescate Juridico’ de Miami, qui est dirigée par le terroriste international Santiago Álvarez Fernández Magriñat. Ileana Ros Lehtinen appelle ouvertement à l’assassinat de Castro.

Beaucoup de journaux européens, les espagnols en tête, ont fait mention de l’évacuation violente des occupants d’église, sur l’ordre de leur porte-parole Vladimir Calderón du soi-disant Partido Republicano de Cuba. C’est un groupuscule situé à Miami qui –selon leur propre site– soutient le blocus économique contre Cuba. C’est une position est même isolée, même au sein de la communauté des immigrés cubains à Miami.

 

Vladimir Calderon sous le drapeau américain

Selon les dires d’Elizardo Sánchez, un ‘dissident’ professionnel qui circule par ailleurs librement à Cuba et qui est le président de la Commission cubaine des droits de l’homme et de la réconciliation nationale, « un commando spécial est entré comme une tornade et a terrorisé les occupants avec plusieurs artefacts et techniques de contrainte physique. » Il admet en même temps qu’on n’a pas utilisé de violence… mais que tout “s’est déroulé dans une ambiance de terreur”.

Les « positions » des groupuscules avec très peu de partisans reçoivent ainsi un forum tout à fait disproportionné, grâce au zoom-in des médias internationaux. Ils sont même allés jusqu’à revendiquer « l’installation d’un gouvernement de transition provisoire ».

Le correspondent d’El Mundo à Miami se laisse volontiers entraîner par ce flot et se demande ouvertement « si ceci ne pourrait pas sonner le glas pour le gouvernement actuel » ???... 13 occupants d’église à la Havane ?

En résumé: selon la presse, la police cubaine a évacué l’église brutalement, dans une ‘ambiance de terreur’ en trois minutes de temps, sans armes et sans toucher les occupants.

Le Congrès américain dépense chaque année 30 millions de dollars pour jeter le discrédit sur Cuba. En manipulant des communiqués de presse, en payant des rédacteurs finaux, des journalistes, des webmasters, des auteurs et des éditeurs dans le monde entier. Ne pourrait-ce pas expliquer certaines choses?

D’autre part, le correspondant d’Associated Press déclaire avoir parlé avec plusieurs voisins de l’église qui lui ont tous confirmé que “des policiers (non-armés) sont arrivés et que, quelques minutes plus tard, les occupants ont été menés au bus, sans qu’il y ait eu la moindre violence”.

L’évacuation était d’ailleurs demandée explicitement par la hiérarchie de l’Eglise qui voulait empêcher que des groupuscules abusent de la visite papale imminente. 

Entre temps, l’Eglise a confirmé dans un communiqué officiel que l’évacuation a duré moins de dix minutes et que les occupants n’ont pas résisté. Ils ajoutent que la police n’était pas armée et que les autorités se sont engagées à ne pas poursuivre les personnes arrêtées. Après avoir pris leur déclaration dans un bureau de police, ils ont tous pu partir.

Pendant les premières années de la révolution, les relations entre l’Eglise catholique et l’autorité révolutionnaire étaient très tendues. A partir des années 80, la plupart des difficultés ont été aplanies. Du temps de la première visite du pape en 1998, les relations se sont fort améliorées. La deuxième visite papale aura sans aucun doute un effet similaire.

Cubanismo.net continuera à donner des commentaires et surtout des faits sur un maximum d’absurdités diffusées par la presse.

trad.: Hilde Meesters