Le 7 octobre, le premier des Cinq Cubains sera libéré

René met Ivette en Irmita

Le 7 octobre, René González sera le premier des ‘Cuban Five’ libéré, après avoir purgé une peine injuste de 15 ans de prison. Le juge de Miami l’oblige néanmoins à rester encore trois ans aux États-Unis en liberté conditionnelle. Cela est possible parce que René est né aux États-Unis et qu'il possède la double nationalité. En conséquence, René devra vivre loin de sa famille pendant trois années supplémentaires. En effet, depuis son expulsion des États-Unis en 2001, sa femme n’a plus de visa d’entrée et n’a pas pu lui rendre visite une seule fois durant ces dix dernières années. René a également deux filles...


Le 12 septembre 1998, les ‘Cuban Five’ étaient arrêtés à Miami. Ils se trouvaient sur le territoire des États-Unis pour empêcher l'organisation d'attentats terroristes contre Cuba. A Cuba, ce genre d’attentats a provoqué plus de 3000 morts et plus de 2000 personnes handicapées à vie. En 2001, l’année des attentats contre les Tours Jumelles et le début de la ‘War on Terror’, ces cinq agents anti-terroristes ont été condamnés à 4 perpétuités + 77 ans. Depuis, ils sont en prison, victimes d'un procès malhonnête et de la politique menée par les autorités américaines à l'égard de Cuba. Durant toutes ces années, le droit de visite de leurs familles a été bafoué et deux d’eux n'ont jamais pu recevoir la visite de leur épouse.

Lorsque les cinq cubains ont été arrêtés, la liberté sous caution leur a été refusée sur base du fait qu'ils représentent une menace pour la société américaine. Pourtant, le juge n’utilise pas cet argument aujourd'hui pour expulser immédiatement René González après sa libération, ce qui serait pourtant la procédure habituelle pour les étrangers.

Un fait notable vaut la peine d'être souligné : l’ordonnance du tribunal impose à René l'interdiction pendant ces trois ans "de se rendre dans le voisinage des lieux spécifiques où il est connu que des groupes terroristes ou des terroristes individuels viennent régulièrement." (Citation du verdict). En d'autres termes, le juge a admis que des réseaux terroristes opèrent à Miami, ce qui était précisément la raison de la présence des cinq Cubains à Miami. Et par ailleurs, elle déclare que le combattant anti-terroriste sera à nouveau poursuivi par la justice s'il tente d'approcher ces groupes. Le monde à l'envers, ou le deux poids - deux mesures de la guerre contre le terrorisme.
Le fait que René doive rester encore trois ans aux États-Unis représente un risque réel pour sa vie. Les organisations terroristes anti-cubaines ont un long palmarès de meurtres et d'attentats à la bombe contre ceux qui montrent une opinion favorable à la révolution cubaine.

Il est clair que la décision du tribunal, tout comme le jugement initial qui a conduit à de longues peines, est politiquement motivée et cherche à alourdir au maximum les mesures punitives contre les cinq Cubains qui ont eu le culot d’infiltrer des groupes contre-révolutionnaires à Miami.

Le cas des Cuban Five reçoit un soutien au niveau mondial. Le Groupe de Travail pour les Détentions Arbitraires des Nations Unies et Amnesty International s’interrogent sur l'impartialité du procès et réclament leur mise en liberté. L’ancien ministre Karel De Gucht et le premier ministre Yves Leterme se sont publiquement exprimés sur le sort des Cuban Five et ont fait des démarches auprès des autorités des États-Unis en vue d’une prompte solution de cette affaire. En juillet, la Commission des Relations étrangères du Sénat a voté une résolution pour appuyer cette demande.

Le 21 septembre, Journée internationale de la paix, la ville d'Ypres a planté cinq arbres pour les Cinq Cubains, et lors de la fête de solidarité ManiFiesta, cinq célébrités belges, Joke Devynck, Jonas Geirnaert, Daan Hugaert, Dirk et Chris Lomme Tuypens, ont récolté 4760 empreintes de mains en peinture rouge et bleue sous l’appel « Obama, libérez les Cinq, Yes you can. » Autant d’empreintes de mains que de jours d'enfermement injuste pour les Cinq Cubains.

Contact: Katrien Demuynck - Comité belge pour la liberté des Cinq – free-the-five@cubanismo.net - 0476 810 413