Soins de santé gratuits: une question de choix

Le socialisme cubain a posé le choix de la gratuité des soins de santé. Même pendant les périodes économiques les plus difficiles, il n’a pas diminué ses investissements dans le système sanitaire, bien au contraire. Savez-vous que les médecins cubains proposent des soins gratuits dans d’autres pays du tiers-monde et que l’Etat cubain offre une formation gratuite aux futurs médecins étrangers ?
Savez-vous aussi que, en Belgique, Médecine pour le Peuple pratique des soins gratuits ? Cela est possible, car la gratuité des soins de santé découle d’un choix politique.
 
De ce choix viendra témoigner, entre autres, le Docteur Luther Castillo, du Honduras. Il a bénéficié d’une formation gratuite à Cuba et a créé le premier hôpital pour son peuple, les Garifunas. La population garifuna est traditionnellement un groupe fort discriminé. Elle a des racines indiennes et d’Afrique occidentale et vit de façon isolée dans les zones côtières de l’Amérique centrale.
 
Luther Castillo s’entretiendra avec Sofie Merckx, médecin de Médecine pour le Peuple à Marcinelle, qui a treize ans d’expérience de soins de santé gratuits dans un quartier ouvrier belge. Luther et Sofie sont des jeunes gens qui ont fait le choix de s'engager pour le droit à la santé. Ils ne le font pas de leur propre chef, mais en renforçant le mouvement social qui revendique ce droit, chacun dans leur propre pays.
 
Cet échange sera animé par le professeur Marleen Temmerman qui a reçu plusieurs prix pour son engagement dans les questions de santé publique.
  
ORATEURS
Docteur Luther Castillo, médecin au Honduras
Docteur Sofie Merckx, médecin à Marcinelle
 
Animation
Docteur Professeur Marleen Temmerman

 

Docteur Luther Castillo

  

Le Docteur Luther Castillo faisait partie de la première promotion (2005) de l’Ecole latino-américaine de médecine (ELAM) à Cuba, qui accorde une formation de médecine gratuite à des étudiants étrangers. En 2010, il y avait déjà 8.594 diplômés venant de 54 pays. Aujourd’hui, on y accueille
des étudiants de 116 pays, en particulier du Sud, mais des étudiants pauvres des Etats-Unis sont également les bienvenus.
 
Le Docteur Luther Castillo appartient aux Garifunas, une minorité ethnique du Honduras, encore plus défavorisée que les autres Honduriens. Enfant, il rêve de devenir médecin, ce qui est totalement impossible dans son pays, comme pour 99% de la population. Malgré tout, il peut suivre des études
à Cuba. De retour chez lui, il se met au travail, de concert avec des ONG, des locaux et des volontaires, pour créer le premier hôpital communautaire Garifuna dont il devient le directeur en 2006. Pour les 98.000 habitants de la communauté garifuna, cela représente le premier dispositif de soins dans leur environnement. Depuis, l’hôpital assure plus de 250.000 consultations gratuites, à l’hôpital et au domicile des malades dans les villages garifunas. Plus de 165 vies ont ainsi été sauvées. Les riches médecins du pays le regardent d’un mauvais œil et, après le coup d’Etat de 2009, l’hôpital est vandalisé par des (para)militaires. En tant que médecin engagé, le Docteur Castillo est actif dans de multiples mouvements sociaux et dans le front de résistance au coup d’Etat dans son pays, ce qui lui a déjà valu plusieurs menaces de mort.

Docteur Luther Castillo à youtube, une présentation a Minnesota
Luther à une conférence à la Columbia University, le 5 april 2012
Visitez le site de Dr. Castillo

 

Ceux qui veulent déjà discuter sur ce thème peuvent participer à la discussion sur twitter via le hastaq:#MFcubadoc

 

Sofie Merckx

 En 1999, Sofie Merckx termine ses études de médecine à l’université d’Anvers. Depuis lors, elle est médecin dans le cabinet de groupe de Médecine pour le Peuple à Marcinelle. Elle suit ainsi les traces de son père Kris qui, en 1971, ouvrit le premier des onze cabinets de groupe actuels de MPLP. Dès le début, MPLP et son choix pour la médecine gratuite se sont heurtés à l’Ordre des Médecins. Certains syndicats de médecins capitalistes craignaient que leurs patients ne remplissent plus leurs poches. En été dernier, Sofie s’est encore vu notifier un exploit d’huissier stipulant que ses biens seront confisqués parce qu’elle refuse – comme tous ses collègues de MPLP – de payer sa contribution à l’Ordre. L’action de solidarité organisée par ses patients fait que, finalement, les huissiers ne se montrent pas.

 

Professeur Marleen Temmerman

 

Marleen Temmerman (°1953) termine ses études en 1978 comme docteur en médecine, chirurgie
et accouchements, à l’université de Gand. Plus tard, elle se spécialise aux Pays-Bas, puis au VUB
à Bruxelles, en gynécologie-obstétrique. A la fin des années 80, elle quitte la Belgique pour le Kenya
où elle s’occupe de recherche continue relative au VIH/SIDA et à ses effets sur la grossesse. Cinq ans plus tard, elle obtient son doctorat à l’UGent avec le thème « Influence du hiv/sida sur la grossesse ». En 1995, Marleen Temmerman devient, en Belgique, le premier professeur féminin en gynécologie obstétrique. Cette même année, elle crée, à l’UGent, l’International Centre for Reproductive Health,
qui s’est transformé depuis en un réseau mondial dans les secteurs de la santé et des droits sexuels
et reproductifs.
 
En 2007, elle figure sur les listes du SP.a et est ainsi directement élue au Sénat. Elle considère
la politique comme un levier lui permettant de traduire son engagement en législation.
Ses spécialisations majeures sont la santé et les droits reproductifs, hiv/sida, planning familial, droits
de la femme, et infections en accouchements et gynécologie. Elle est (co-)auteur de plus de 300 publications scientifiques internationales et a écrit des livres comme « Onrust in de onderbuik »
et « Mama Daktari ».
 
A partir d’octobre 2012, Marleen Temmerman dirigera le Département de la Santé reproductive
et de la Recherche de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Genève. Après 35 ans d’activité, c’est avec un pincement au cœur qu’elle prendra congé de ses patients et qu’elle fera ses adieux
à la politique belge.

Le site officiel de Marleen Temmerman