Cuba
Au beau milieu de la mer des Caraïbes se trouve Cuba, à 180 km à peine au sud de la Floride (USA).
Malgré le blocus imposé par les Etats-Unis et la disparition brutale de l'avantageux commerce avec les pays de l'ancien bloc de l'Est, la vie du Cubain moyen est bien plus confortable que celle des autres habitants du continent latino-américain. A peu près chaque Cubain sait lire et écrire et dispose d'installations et d'équipements sanitaires. Le chômage s'élève à peine à 2,3%. Les femmes occupent 36% des sièges au Parlement. Tous les services et denrées de base sont pour ainsi dire gratuits à Cuba. Chaque Cubain a droit à l'alimentation de base, avec une ration minimale garantie. Tout le monde, quel que soit son revenu, a accès aux soins médicaux. De même, les excursions et voyages scolaires, une soirée au théâtre, les billets pour une quelconque rencontre sportive, tout cela est à la portée de tous. Les résultats cubains sur le plan de la santé sont tout bonnement spectaculaires, pour un pays du tiers monde. Ils sont comparables à ceux de la Belgique, malgré le fait que Cuba a un PNB dix fois inférieur au nôtre.
| Capitale | Havana |
| Population | 11,239 million |
| Superficie | 110.000 km2 |
| Taux de croissance démographique (par an) | 0,5 % |
| Langue | Espagnol |
| Taux d'alphabétisation (en %) | 96,8 |
| Disponibilité d'équipements sanitaire (en %) | 98 |
| Taux de chômage (en %) | 2,3 |
| Espérance de vie (en années) | 77,1 |
| Mortalité infantile < 5 ans (par 1000) | 7-8 |
| Nombre de médecins par 100.000 habitants | 530 |
| Accès aux médicaments essentiels (en %) | 95-100 |
Une petite île qui s'obstine à suivre sa propre voie
Dès son premier voyage de découverte, en 1492, Colomb débarque sur la côte nord de Cuba. L'île devient une colonie espagnole. Après l'élimination complète de la population d'origine, constituée d'Indiens, on y introduit des esclaves importés d'Afrique, qui contribueront à la prospérité de l'industrie sucrière.
En 1868, les Cubains se révoltent pour la première fois contre le colonisateur espagnol, sous la direction de Carlos Manuel de Cespedes. De Cespedes donne la liberté à ses esclaves afin de chasser ensemble le colonisateur. Cette révolte sera écrasée 10 ans plus tard. Mais en 1895, les Cubains se révoltent une deuxième fois contre le colonisateur espagnol, cette fois sous la direction du poète et révolutionnaire José Martí. Lorsque les espagnols sont presque vaincus, les Etats-Unis commence à se mêler à la lutte. En 1902, Cuba devient indépendant mais, en fait, l'île n'est guère plus qu'une semi-colonie des Etats-Unis, qui y acquièrent la base navale de Guantanamo et un très grand pouvoir économique. L'île se mue en un immense casino-bordel pour la mafia nord-américaine.
A partir des années 1950, la résistance se développe contre la dictature de Batista et, au nouvel an 1959, les révolutionnaires de Fidel Castro et de Che Guevara libèrent le pays. Il est temps d'opérer des réformes draconiennes : la suppression des grandes propriétés foncières et la redistribution des terres, la nationalisation des grandes entreprises, la hausse des salaires et la réduction des coûts de loyer, de l'électricité, des médicaments... Les Etats-Unis voient tout cela d'un très mauvais oeil et, en 1960, instaurent un blocus économique contre l'île. Cuba se tourne alors vers l'Union soviétique, qui devient son principal partenaire commercial. Cuba se lance alors dans la voie du socialisme : l'Etat assure l'emploi, l'enseignement et les soins de santé gratuits. Malgré le blocus économique, le niveau de vie fait des bonds en avant.
Quand l'Union soviétique se démembre et que le socialisme fait ses adieux, Cuba refuse de suivre la même voie. Car la population cubaine a su tirer profit des principes et de la pratique du socialisme : elle vit bien mieux que celle de n'importe quel pays de l'Amérique latine. Mais Cuba a bel et bien perdu ses principaux partenaires économiques, ce qui débouche sur une crise économique permanente. Les Etats-Unis espèrent pouvoir donner le coup de grâce à cette île d'entêtés et ils durcissent encore leur blocus. Ils multiplient de plus belle leur travail de sape, leurs tentatives de sabotage et leurs attentats contre Cuba.
La révolution cubaine connaît une période très difficile, appelée la Période spéciale. On applique de profondes réformes économiques : le tourisme est mis sur pied en un temps record, on attire des investisseurs étrangers, on légalise la détention du dollar, l'agriculture connaît une réforme profonde... Tout cela porte ses fruits. Et grâce à une offensive diplomatique réussie, le pays sort de plus en plus de son isolement. Les Etats-Unis ne cesseront toutefois jamais de menacer leur encombrant voisin du sud mais, sur l'estacade de La Havane, on peut lire un avertissement : « Messieurs les impérialistes, vous ne nous faites absolument pas peur ! »
