Nouvel échec du coup d'état de Guaidó

Que s'est-il passé au Venezuela le 30 avril dernier ? Le président ad interim auto-proclamé Juan Guaidó s'est rendu, avec une douzaine de transfuges militaires de bas rang, à la base aérienne militaire d'Altamira, dans les environs de la capitale Caracas. Ils ont été rapidement chassés de la base par des militaires fidèles au régime et ont poursuivi leur action de “résistance” dans la rue.

Avec l'aide du maître

Le coup avait été préparé de longue date par Guaidó avec le soutien des USA, ce qui est apparu lorsque, plus tôt dans la journée, avec un petit groupe de militaires, il était allé chercher Leopoldo Lopez, terroriste condamné et ex-chef de l'opposition. Leopoldo Lopez est le fondateur du parti Partido Voluntad, dont Guaidó est lui aussi membre. Lopez peut être considéré en quelque sorte comme son maître en politique. Mais il est bien plus que cela. Lors du coup d'état contre Chavez, c'est lui qui était à la tête d'une bande qui avait saccagé l'ambassade cubaine. Lopez était assigné à résidence pour sa responsabilité dans des affrontements violents de rue d'il y a quelques années, qui avaient pour cible notamment les médecins cubains.

Orchestré par les Etats-Unis

Le trio du cabinet de guerre de Trump, composé de Bolton, Pompeo et Pence et dirigé par Trump, n'a pas tardé à encourager les putschistes à persuader la direction de l'armée de passer à l'opposition. Les contacts préalables qu'il y a eu avec les trois dirigeants militaires montrent qu'ils étaient bien derrière cette tentative de coup d'état.

Quelques jours auparavant, Guaidó avait annoncé avec tambours et trompettes l'organisation de nouvelles grandes manifestations le premier mai, contre le président élu Nicolas Maduro. Ce qui fait penser qu'à l'origine, le projet était de faire une tentative de coup d'état à cette occasion mais que celle-ci a eu lieu, in extremis, la veille.

Très rapidement, il est apparu qu'aucun haut gradé n'avait fait défection. L'atmosphère dans le pays était calme, à l'exception de quelques escarmouches qui avaient fait des blessés légers. Le ministre vénézuélien de la défense a fait une déclaration concernant l'échec de la tentative de coup d'état.

Et à présent ?

Guaidó continue à tenter de faire passer l'armée de son côté. Dans les prochains jours, il a annoncé de nouvelles manifestations, dans ce qu'il appelle la phase finale de la libération. De grands mots, pour quelque chose qui apparaît d'ores et déjà comme un échec. Lopez et son épouse se sont réfugiés le jour même d'abord à l'ambassade du Chili, puis à celle d'Espagne. 25 militaires ont demandé l'asile à l'ambassade du Brésil. Il semble bien que Guaidó ait perdu ses dernières cartes.

Entretemps, Pompeo, ministre des affaires étrangères des USA, continue à répandre des fakenews. Ainsi, il a fait savoir au monde que Maduro aurait fui à La Havane. Cette information a été rapidement démentie par les porte-parole du président. Le président Trump lui-même a déclaré que des troupes cubaines devaient immédiatement quitter le Venezuela.

C'est ainsi que Cuba est lui aussi impliqué dans les tensions autour du Venezuela.

Bruno Rodríguez, ministre cubain des affaires étrangères, a démenti la présence de troupes cubaines au Venezuela. “Nous n'y envoyons que du personnel médical pour des missions humanitaires”, a-t-il tweeté.

Entretemps, l'administration Trump décrète de nouvelles sanctions contre Cuba, entrées en vigueur le 2 mai. Les mesures récentes qui permettent des actions en justice contre les biens immobiliers nationalisés par Cuba, vont également concerner les entreprises européennes. L'attaque économique des USA à l'encontre de Cuba se déchaîne encore davantage.

 

Le risque d'invasion reste élevé

 

 

Même si le coup d'état a échoué, il faut rester vigilant. Des preuves ont fuité quant à la mise sur pied par la firme américaine Black Water d'une armée de mercenaires en Colombie. La menace d'une intervention étrangère n'est jamais loin.

 

Et aux Etats-Unis, les faucons continuent à garder ouverte l'option d'une intervention militaire. Ils soulignent qu'en cas de besoin, ils n'ont rien contre cette idée. Serait-ce là l'atout ultime ? Trump a répété hier sur Fox News que les USA étaient poussés à bout. Il a annoncé prendre de nouvelles mesures mais sans entrer dans les détais.

 

Résistance de la population

 

En réponse à cette agression, le président Maduro mobilise la population. La population était massivement présente le 1er mai, au lendemain de la tentative manquée, en soutien au président élu. Les Venezuéliens envoient ainsi un signal fort, alors que leur situation économique est déplorable, en raison des sanctions américaines.

 

Une guerre d'Information

 

Nous continuons à suivre de près les événements au Venezuela. Nous mettons en garde contre les informations infondées que Trump & Co. envoient tous azimuts. Posez-vous la question : si nous pouvons constater que la presse internationale ne donne pas une image fidèle du mouvement des gilets jaunes en France, pourquoi devrions-nous supposer que ce qu'on nous dit sur le Venezuela est bien la vérité ? Le boycott du Venezuela n'est pas qu'économique. Il y a aussi une véritable guerre d'information.

“Les médias mentent sur la situation au Venezuela.” Cette déclaration est due à la journaliste freelance Anya Parampil, et elle l'a faite sur Fox News, soit au coeur même des médias de droite aux Etats-Unis, sur la chaîne de télévision favorite de Donald Trump. Dans cette vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux, Anya Parampil dénonce les dommages subis par les Venezuéliens en raison des sanctions économiques américaines et met en garde contre les projets de Trump d'une nouvelle guerre pour le pétrole.

“Imaginez qu'Hilary Clinton aurait refusé de reconnaître sa défaite face au Président Trump en 2016 et aurait réuni 24 soldats américains pour tenter de prendre la Maison Blanche par la force. Je ne pense pas qu'elle pourrait se promener en toute liberté dans les rues comme le fait aujourd'hui Guaidó à Caracas”. Elle ajoute que l'opposition au Venezuela ne reçoit pas un soutien suffisant de la population : “Juan Guaidó a montré à nouveau qu'il ne pourrait s'emparer du pouvoir qu'avec l'aide de tanks américains”, conclut-elle.

 

La doctrine Monroe renaît

 

Cubanismo.be condamne avec fermeté la doctrine Monroe, que Trump a remise au goût du jour. L'Amérique latine n'est plus l'arrière-cour des Etats-Unis. Le peuple venezuélien soit décider de son avenir en toute liberté et dans la paix.